Accueil / Le Monde Entre Hier Et Aujourd'hui / SOCIÉTÉ HAÏTIENNE – ALERTE : QU’EST-CE QUI FAIT D’UN ÊTRE VIVANT, UN HUMAIN ?

SOCIÉTÉ HAÏTIENNE – ALERTE : QU’EST-CE QUI FAIT D’UN ÊTRE VIVANT, UN HUMAIN ?

Par Dr Harrisson Ernest

Éditorial – LAVI FM
24 Juin 2026

Chaque matin, les Haïtiens se réveillent avec le même sentiment d’incertitude. Les nouvelles parlent de massacres, d’enlèvements, de viols, de corruption, de déplacements forcés, de misère, de souffrance, et d’une violence qui semble ne plus connaître de limites.

Mais, derrière ces événements se cache une question beaucoup plus profonde que les statistiques criminelles ou les crises politiques :

Qu’est-ce qui fait réellement d’un être vivant un être humain ?

La science répondra que l’être humain appartient à l’espèce Homo sapiens. Pourtant, la biologie ne suffit pas à définir l’humanité.

On peut respirer, marcher, parler, penser, réfléchir et agir tout en ayant perdu ce qui fait la noblesse de l’homme : la conscience morale.

L’histoire nous enseigne que les plus grandes tragédies n’ont pas été commises par des animaux, mais par des hommes qui avaient cessé de reconnaître la valeur de leurs semblables.

Aujourd’hui, Haïti semble confrontée à cette même épreuve.

Comment expliquer qu’un enfant puisse être tué par une balle perdue sans provoquer une indignation nationale durable ?

Comment comprendre que des fonds publics disparaissent pendant que des familles meurent de faim un peu partout, notamment dans des camps de déplacés et des milieux très réculés du pays ?

Comment accepter que des quartiers entiers vivent sous la loi des armes alors que les institutions censées protéger les citoyens peinent à remplir leur mission ?

Comment tolérer que des autorités étatiques institutionnalisent en Haïti la présence de mercénaires, avec droit de tuer des démunis dont leur seule faute est d’avoir accepté de reésider dans les quartiers populaires ?

Comment observer passivement l’aternance sans fin de pouvoirs de transition dénués d’empathie et de compassion pour une société en voie de disparition ?

Comment avaliser la décision d’imputer la responsabilité de collectes de taxes ou de droits de douanes dans les zones frontalières à des mercenaires, en lieu et place de la DGI ?

Comment tolérer qu’une organisation se réclamant défenseure de droits humains soit impliquée activement et profondément dans des complots de gangstérisation, d’assasinat, de violation systématique de droits de l’homme et de financement d’un média en ligne pour diffamer, assasiner le caractère d’honnêtes citoyens et diviser davantage la société haïtienne à des fins politiques ?

Le véritable danger n’est pas seulement la violence.

Le plus grand danger est de finir par considérer cette violence comme normale.

Lorsqu’une société s’habitue à l’inacceptable, elle commence à perdre son humanité.

L’humanité ne se mesure pas à la richesse, au pouvoir ou au niveau d’instruction.

Elle se mesure à la manière dont nous traitons les plus faibles.

Elle se reconnaît dans notre capacité à protéger la vie, à respecter la dignité de chacun, à dire non à l’injustice même lorsqu’elle nous est profitable.

Être humain, c’est éprouver de l’empathie devant la souffrance d’autrui.

C’est défendre la vérité lorsque le mensonge devient populaire.

C’est choisir le dialogue lorsque la violence semble plus facile.

C’est servir la collectivité avant de servir ses intérêts personnels.

La crise haïtienne est donc aussi une crise de conscience.

Aucune réforme institutionnelle, aucun financement international, aucun programme économique ne pourra produire des résultats durables si les valeurs qui fondent une société continuent de s’effondrer.

Reconstruire Haïti exigera bien plus que des infrastructures.

Il faudra reconstruire la confiance.

Réhabiliter l’éthique.

Valoriser le mérite.

Éduquer à la citoyenneté, comme HAITIANS FOR CIVICS AND PEACE CORP (HCP) l’implémente dans la diaspora haïtienne.

Former une génération capable de comprendre que la liberté n’existe pas sans responsabilité.

Les familles, les écoles, les universités, les médias, les églises, les organisations communautaires et les dirigeants publics portent chacun une part de cette responsabilité.

LAVI FM croit que le redressement national commencera le jour où chaque citoyen comprendra qu’il ne suffit pas d’être vivant pour être véritablement humain.

L’avenir d’Haïti dépendra de notre capacité collective à remettre la dignité humaine au centre de nos discours, de nos décisions, de nos comportements et de nos institutions.

Au fond, la question n’est pas seulement philosophique.

Elle est politique.

Elle est sociale.

Elle est éducative.

Elle est morale.

Et elle nous concerne tous et toutes.

Haïti ne manque pas d’êtres vivants.

Elle a aujourd’hui un besoin urgent d’hommes et de femmes pleinement humains.

C’est à cette condition que pourra renaître une nation plus juste, plus forte et plus fraternelle.

Dr Harrisson Ernest
Éditorialiste – LAVI FM

Le pont entre les Haïtiens et Haïti.

Répondre

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *