Home / Haïti / Politique / Aujourd’hui, 18 novembre, Haïti se souvient. Haïti se questionne. Haïti s’interroge.

Aujourd’hui, 18 novembre, Haïti se souvient. Haïti se questionne. Haïti s’interroge.

Bonjour à tous les auditeurs et auditrices de LAVI FM .

Le 18 novembre 1803, au morne de Vertières, des hommes et des femmes ont brisé les chaînes les plus solides du monde colonial.
Dessalines, Capois-La-Mort, Gabart, Sanité Bélair et tant d’autres ont écrit en lettres de feu la dernière page de la domination française sur cette terre.

Mais en 2025… où en sommes-nous ?
C’est la question que Vertières nous impose, sans diplomatie, sans détour.

Aujourd’hui, notre pays fait face à une insécurité massive, à des institutions fragilisées, à une économie essoufflée.
Un pays où des milliers de jeunes prennent la route du départ… pendant que d’autres, ici même, luttent chaque jour pour maintenir vivante la flamme d’Haïti.

Alors, on ose la question :
Nos héros seraient-ils fiers de nous aujourd’hui ?

Dessalines serait-il fier d’une nation divisée, où l’intérêt collectif passe souvent après l’intérêt personnel ?
Capois-La-Mort applaudirait-il un pays où la peur circule plus librement que la justice ?
Sanité Bélair, symbole de courage, sourirait-elle en voyant la souffrance de nos mères, de nos enfants, de nos étudiants ?

Leur regard serait peut-être sévère…
Mais pas désespéré.

Parce que malgré nos blessures, Haïti n’a jamais cessé d’enfanter des bâtisseurs :
des enseignants qui tiennent debout, des ingénieurs qui construisent,
des médecins qui soignent,
des travailleurs qui se lèvent avant l’aube,
et un peuple qui refuse de mourir.

Alors où sommes-nous, Haïti ?
Nous sommes à la croisée des chemins.
Entre mémoire et avenir.
Entre désordre et renaissance.
Entre peur et courage collectif.

Vertières nous rappelle ceci :
Rien ne se construit dans la division.
Rien ne progresse dans la peur.
Rien ne dure sans vision.

En 1803, nos héros ont gagné la liberté.
En 2025, c’est à nous de regagner la dignité.

Et ce défi-là… il ne se gagnera pas avec des fusils.
Il se gagnera avec la conscience, le respect, la discipline… et le choix de reconstruire ensemble.

Vertières n’est pas un souvenir.
Vertières est un rappel.
Un appel. Un avertissement.
Et surtout… une lumière.

Jean Mary DORVIL, pour LAVI FM.
Bonne journée, Haïti.
Et que le courage de Vertières nous accompagne.

Répondre

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *