Par Dr Harrisson Ernest
4 décembre 2025
Haïti s’effrite, s’effondre, se dissout lentement sous nos yeux — et les médias, au lieu d’être les sismographes de ce naufrage, sont souvent devenus les bruits parasites qui couvrent l’alarme.
L’Association Nationale des Médias Haïtiens a élu un nouveau président, Richard Widmaier, Président-Directeur-Général de la Radio-Télé Métropole. Bravo! Mais à quoi sert un changement de tête quand le corps est exsangue ?
Le pays brûle.
Le maire de Lascahobas fait la paix formellement avec les bandits armés.
Un ancien maire de Mirebalais, à la tête d’un foule de manifestants, crie pardon à Barbecue et à Viv Ansanm.
Les journalistes sont la cible des gangs, des politiciens, des entrepreneurs de fake news.
Les stations survivent avec un nombre très restreint de sponsors et quelques jingles recyclés.
Les micros sont ouverts aux mêmes individus quotidiennement (amis, alliés, médiocres et batisseurs de la matrice politique haïtienne corrompue).
Les voix conscientes, éclairées, engagées, éduquées, instruites, compétentes, dédiées à la cause haïtienne sont censurées.
Le débat public est remplacé par le « live » permanent, la rumeur amplifiée et la joute toxique.
La grande question est donc simple :
L’ANMH veut-elle sauver les médias ou sauver la façade ?
Parce que le dépérissement d’Haïti n’est pas seulement économique ou politique. Il est aussi narratif. Nous perdons la capacité de raconter le pays autrement qu’à travers la peur, la colère ou le cynisme.
Un nouveau président à la tête de l’ANMH, Richard Widmaier, oui.
Mais pour quoi faire ?
Pour exiger une protection réelle des journalistes ?
Pour imposer une charte éthique contraignante ?
Pour affronter les pouvoirs publics au lieu de les contourner ?
Pour exiger la Police Nationale d’Haïti et les Forces Armées D’Haïti de sécuriser réellement la population?
Ou pour continuer à publier des communiqués que personne ne lit ?
L’heure n’est plus aux courtoisies institutionnelles.
Si l’ANMH continue sur la même lancée, et ne secoue pas le cocotier maintenant, en fin d’année 2025, les médias haïtiens risquent de devenir ce que sont déjà trop d’institutions : des ombres d’elles-mêmes.
Enfin! Tristement, beaucoup d’honnêtes haïtiens se questionnent et pleurent l’absence chez les patrons de medias de l’ANMH de la compassion pour Haiti et de l’empathie pour les haïtiens qui souffrent amèrement, tant de l’intérieur que de la diaspora.
— Dr Harrisson Ernest,
Analyste politique et commentateur sur la gouvernance, la sécurité et l’identité de la diaspora haïtienne _ Spécialiste des questions politiques haïtiennes _
Médecin, psychiatre, communicateur social et juriste
harrisson2ernest@gmail.com +1 781 885 4918 / +509 3401 6837






