Croix-des-Bouquets : l’opération du 14 novembre 2025 ravive les souvenirs de la nuit du 6 au 7 juillet 2021
PORT-AU-PRINCE — 14 novembre 2025.
Une intervention menée à Croix-des-Bouquets tôt jeudi matin, impliquant selon plusieurs sources Jonas Vladimir Paraison , des unités de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des individus présentés comme des mercenaires étrangers, a suscité de vives réactions dans la capitale. L’opération, dont les objectifs restent flous, intervient dans un contexte de tension persistante et de recomposition des rapports de force dans la région métropolitaine.
Des résidents joints par téléphone décrivent des tirs nourris et des déplacements rapides de groupes armés dans plusieurs quartiers de la commune. La PNH, sollicitée par les médias, n’a pas confirmé les détails de l’intervention ni son bilan éventuel. Les autorités locales indiquent qu’une enquête interne pourrait être ouverte afin d’éclaircir les circonstances de l’opération.
La présence d’individus lourdement armés non identifiés a suscité de nombreuses spéculations, certains y voyant des similitudes avec des épisodes antérieurs impliquant des acteurs non étatiques ou des contractuels étrangers. Les observateurs soulignent toutefois que les informations disponibles restent fragmentaires et doivent être interprétées avec prudence.
Un parallèle immédiat avec juillet 2021
L’opération de Croix-des-Bouquets intervient alors que le pays reste marqué par la nuit du 6 au 7 juillet 2021 , durant laquelle le président Jovenel Moïse a été assassiné à son domicile par un commando composé en partie d’étrangers. Ce traumatisme national, encore au cœur de plusieurs procédures judiciaires en Haïti et à l’international, a profondément modifié les enjeux sécuritaires du pays.
Pour nombre d’habitants et d’analystes, l’épisode de ce 14 novembre 2025 ravive le souvenir de ce moment où les frontières entre sécurité publique, opérations parallèles et interventions extérieures étaient apparues particulièrement poreuses.
Des zones d’ombre persistantes
Depuis plusieurs années, l’État haïtien fait face à des défis importants : multiplication des groupes armés, faiblesse des institutions judiciaires, fragmentation du commandement et dépendance accrue à des partenariats sécuritaires parfois informels. L’implication présumée de Jonas Vladimir Paraison — une personnalité souvent associée à des initiatives sécuritaires locales controversées — alimente les interrogations de plusieurs acteurs politiques et de la société civile.
Pour l’heure, aucune source officielle n’a établi les responsabilités exactes dans l’opération ni confirmé la présence de mercenaires. Les autorités centrales n’ont pas fait de déclaration publique, et les organisations de défense des droits humains appellent à une clarification rapide pour éviter la propagation de rumeurs.
Un climat d’incertitude
L’épisode de Croix-des-Bouquets s’ajoute à une série d’événements qui soulignent la difficulté des institutions haïtiennes à reprendre le contrôle de certains territoires stratégiques. Les analystes interrogés estiment que tant que les enquêtes liées à 2021 n’auront pas pleinement abouti, toute opération impliquant des acteurs non identifiés continuera de provoquer un réflexe de méfiance au sein de la population.
Au moment de publier ce dossier, les autorités policières et gouvernementales n’avaient fourni aucune mise à jour supplémentaire. Les informations sur les éventuels blessés, arrestations ou dégâts matériels restent également inconnues.
— Dr Harrisson Ernest,
Analyste politique et commentateur sur la gouvernance, la sécurité et l’identité de la diaspora haïtienne
Médecin, psychiatre, communicateur social et juriste
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