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Quand John Colem Morvan retourne à son vomi, pendant que Janmsotba se prend pour Noam Chomsky

Chronique d’une pensée recyclée

Par Dr Harrisson Ernest – 10 novembre 2025

Boston / Massachussets

En Haïti, la scène intellectuelle et politique tourne en boucle. Les anciens tribuns ressuscitent leurs vieilles rengaines, pendant que les nouveaux visages se déguisent en penseurs critiques. Résultat : un théâtre d’ombres sur où la posture a remplacé la pensée.

John Colem Morvan retourne à son vomi sur, pendant que Janmsotba se prend pour Noam Chomsky… ou Gustave Le Bon, c’est selon l’humeur du jour sur Tiktok.
Entre les sermons de l’un et les citations mal digérées de l’autre, on assiste à une étrange comédie : celle d’une élite qui se regarde penser au lieu de penser le réel.

Les “anciens repentis” se redécouvrent en guides moraux, après avoir contribué à bâtir le désordre qu’ils prétendent dénoncer. Ils publient des textes, organisent des panels, relisent leurs propres échecs avec la componction de vieux philosophes.
Mais derrière ce retour théâtral, il n’y a ni autocritique, ni vision : seulement un recyclage d’ego.

Les “nouveaux intellectuels”, eux, s’inventent des postures de penseurs radicaux.
Ils citent Noam Chomsky pour critiquer les médias,
Gustave Le Bon pour expliquer les foules,
et même Foucault, parfois, pour donner un air sérieux à leur confusion.
Le résultat ? Une inflation de mots savants, sans ancrage, sans courage.
On parle beaucoup — mais on éclaire peu.

Ce double spectacle — repentance d’un côté, prétention de l’autre — traduit la même impasse : l’absence d’un vrai projet intellectuel national.
La pensée haïtienne, quand elle ne s’enlise pas dans la nostalgie, se perd dans la posture.
On préfère rejouer le passé ou singer l’étranger, plutôt que d’inventer une langue de vérité.

Pendant ce temps, la société s’effondre en silence.
Les masses que Janmsotba prétend analyser n’ont plus de mots, plus de voix, plus d’espace.
Et les sermons de John Colem Morvan ne guérissent rien : ils rappellent seulement combien la mémoire politique du pays reste sélective.

Ce n’est pas d’un Chomsky de pacotille ni d’un Le Bon de circonstance que la société a besoin, mais d’un regard neuf, rigoureux et enraciné — capable de penser Haïti à partir d’elle-même.
Tant que la parole publique restera un miroir pour ego fatigués, le pays continuera de tourner en rond, ivre de citations, affamé de sens.

— Par Dr Harrisson Ernest,
Analyste politique et commentateur sur la gouvernance, la sécurité et l’identité de la diaspora haïtienne
Médecin, psychiatre, communicateur social et juriste
harrisson2ernest@gmail.com ‪+1 781 885 4918‬ / ‪+509 3401 6837‬]

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