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Haïti : la Protection civile mise à l’épreuve par le passage de Melissa

PORT-AU-PRINCE — 1er novembre 2025. Le passage de la tempête tropicale Melissa sur Haïti a de nouveau révélé les contrastes du système national de gestion des risques : une réactivité institutionnelle en progrès, mais des failles structurelles toujours béantes.

Une alerte rapide et une mobilisation visible

Dès l’annonce du renforcement de Melissa au large de la mer des Caraïbes, la Direction générale de la Protection civile (DGPC) a activé ses cellules d’urgence dans plusieurs départements, notamment le Sud, la Grand’Anse et l’Ouest.

Des messages d’alerte ont été diffusés sur les radios communautaires, les réseaux sociaux et via la plateforme AlertPaP. Sur le terrain, des volontaires communaux ont procédé à l’évaluation des zones à risque et aidé les familles à rejoindre les abris.

Ces efforts ont permis de réduire les pertes humaines dans certaines communes, un progrès salué par plusieurs observateurs.

Des abris précaires et des moyens limités

Mais la tempête a également mis en lumière les graves carences logistiques du système. Plusieurs abris étaient dépourvus de lits, d’eau potable ou d’installations sanitaires adéquates.

Dans certaines zones isolées, notamment dans le Sud et la Grand’Anse, les routes coupées ont retardé l’arrivée des secours. “Nos équipes étaient prêtes, mais sans carburant, sans moyens de communication et sans matériel, nous étions bloqués,” confie un agent de la Protection civile joint par téléphone à Jérémie.

Une coordination encore fragile

Autre constat récurrent : la coordination interinstitutionnelle reste perfectible. Les échanges entre la Protection civile, les autorités locales et les ministères sectoriels manquent souvent de fluidité.

Les retards dans la diffusion des informations et l’absence d’un plan d’action unifié ont freiné la réponse nationale. Plusieurs partenaires internationaux, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Croix-Rouge haïtienne, ont dû intervenir en appui logistique et humanitaire.

Des populations toujours vulnérables

Malgré les efforts de sensibilisation, une grande partie de la population continue de vivre dans des zones à haut risque. Le manque d’alternatives et la pauvreté rendent les déplacements difficiles.

“On sait qu’il faut partir, mais il n’y a nulle part où aller,” témoigne Marie-Louise, une mère de famille à Carrefour. “Les abris sont pleins, et quand tout est fini, on revient pour tout recommencer.”

Des progrès à consolider

Certains progrès sont pourtant visibles : la mise en place de comités communaux de protection civile, la formation de volontaires et l’usage accru de la technologie pour l’alerte précoce.

Mais ces initiatives demeurent fragiles sans financement durable ni volonté politique constante. La résilience du pays face aux catastrophes naturelles passe par une réforme profonde du système de prévention et de gestion des risques.

Bilan contrasté

Forces
1- Activation rapide du système d’alerte
2- Engagement des volontaires locaux
3- Meilleure communication publique
4- Appui international ponctuel

Faiblesses
1- Moyens logistiques insuffisants
2- Abris précaires et mal équipés
3- Coordination institutionnelle faible
4- Vulnérabilité persistante des populations

Le passage de Melissa aura été un test grandeur nature pour la Protection civile haïtienne. Si la capacité de réaction s’améliore, la résilience du pays reste précaire. Sans réforme structurelle et investissement soutenu, chaque nouvelle tempête pourrait à nouveau tout balayer — espoirs compris.

Dr Harrisson Ernest
Médecin / Psychiatre / Communicateur social / Journaliste / Juriste
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