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« À force de mentir, on arrive à la vérité de 2025 » : et si la RTNH retrouvait le point de redémarrage de 2015 ?

Par Dr Harrisson Ernest
Massachusetts, 23 décembre 2025

« À force de mentir, on arrive à la vérité.», disait souvent Fédor Dostoïevski.

Cette formule, souvent attribuée à l’ironie de l’histoire, décrit avec une précision troublante le parcours de nombreuses institutions publiques haïtiennes. À force de récits déformés, d’accusations répétées non fondées sans suites, de versions construites au gré d’intérêts mesquins du moment, une vérité finit toujours par refaire surface. Non pas une vérité émotionnelle, mais une vérité administrative, factuelle, archivée. La Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH) en offre une illustration emblématique.

Dix ans après le 26 janvier 2015, date à laquelle j’ai quitté la tête haute la direction générale de cette institution, en laissant par exemple 500.000.00 dollars américains de fond Petrocaribe, 3 pick-up et 2 minibus procurés et non encore utilisés, un mobile de productions audio-visuelles à l’état neuf à peine arrivé de Venezuela, une question mérite aujourd’hui d’être posée calmement à l’occasion des 46 ans d’existence de la TNH, sans nostalgie ni règlements de comptes :
et si la RTNH pouvait revenir au point de restructuration, de renaissance et de redémarrage dans lequel elle se trouvait en 2014-2015 sous mon administration ?

En 2015, la RTNH n’était pas une institution parfaite — aucune ne l’est d’ailleurs dans un État fragilisé — mais elle s’ était captée dans tous les salons des résidents de Port-au-Prince et des villes de province sur les chaines 8-10 et 12, et se trouvait également engagée dans un processus clair : réorganisation administrative, assainissement financier, réaffirmation de sa mission de service public. Ce moment était documenté, encadré, et surtout validé par les mécanismes de contrôle de l’État.

La décharge administrative et financière qui m’était accordée le 27 mai 2015, la même année de mon départ en constitue aujourd’hui encore la preuve institutionnelle la plus solide. Elle n’est ni un discours, ni une opinion, mais un acte formel de l’administration publique haïtienne, contrairement à des ragots encore véhiculés par de petits jaloux sans colonne vertébrale, des échoués de certains coins de rues et de bon nombre de corrompus de la presse, d’organisations de droits humains et de certains colporteurs et lèches-culs de PHTK comme Gamall Jules Augustin, Daniel Joseph et Garry Bodeau, grands responsables de la situation actuelles de l’ancienne administration Martelly-Lamothe. J’y étais. J’ai tout entendu, presque tout vu. J’ai tout subi à cause de mes connaissances, de mes compétences et de ma rigueur dans la gestion des choses de l’Etat. En bon homme d’Etat, j’ai gardé le silence pendant une décennie.

« À force de mentir, on arrive à la vérité.», disait souvent Fédor Dostoïevski.

Depuis lors, beaucoup de récits ont circulé. Les responsabilités ont été déplacées, les faits dilués, les périodes confondues. Mais le temps agit comme un juge silencieux. Les narratifs s’effritent. Les accusations non étayées s’éteignent. Les détracteurs et les cerveaux oxydés se dessèchent et se plient. Les documents, eux, demeurent.

À force de mentir, on finit souvent par renforcer ce que l’on cherchait à masquer.

Revenir à l’état de la RTNH en janvier 2015 ne signifie pas regarder en arrière par confort ou par orgueil. C’est une démarche institutionnelle rationnelle : identifier le dernier moment où l’institution disposait encore d’un socle fonctionnel, avant l’enchaînement des ruptures, des improvisations et des abandons.

Dans de nombreux pays confrontés à des crises institutionnelles, les réformes sérieuses commencent ainsi : non par une promesse abstraite de modernité, mais par le repérage du dernier point de stabilité crédible.

La question est donc légitime :
et si la vérité administrative — longtemps noyée sous le bruit — redevenait une boussole pour la RTNH ?
Et si la renaissance des médias publics haïtiens passait d’abord par la reconnaissance des faits, plutôt que par leur effacement ?

À force de mentir, on arrive parfois à la vérité.
Mais à force de regarder les archives, on peut tout aussi bien retrouver le chemin.

Oui, la Radio Télévision Nationale d’Haïti peut retrouver son bon chemin de 2014-2015

Bonne fête, Télévision Nationale d’Haïti !

Dr Harrisson Ernest
Ancien Directeur général de la Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH)
Analyste des questions de gouvernance, de médias publics et de politiques institutionnelles

Analyste politique et commentateur sur les questions de sécurité
et d’identité de la diaspora haïtienne
Médecin, psychiatre, communicateur social et juriste
📧 harrisson2ernest@gmail.com
📞 +1 781 885 4918 | +509 3401 6837

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