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Haïti : un pays rongé, asphyxié et détruit par ses fils télécommandés.

Demandons des comptes à l’ONU

De manière générale, le mois de décembre est souvent considéré comme « le mois des droits de l’homme », même si la promotion et la protection des droits humains devraient, en principe, s’étendre sur les 365 ou 366 jours de l’année. De nombreuses dates de commémoration pour des catégories sociales à besoins spécifiques, ou plus largement, pour des enjeux fondamentaux relatifs aux droits humains, figurent dans le calendrier du mois de décembre.
Citons pêle-mêle :

a) 1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida ;
b) 2 décembre : Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage ;
c) 3 décembre : Journée internationale des personnes handicapées ;
d) 5 décembre : Journée internationale des volontaires (bénévolat) ;
e) 9 décembre : Journée internationale de commémoration des victimes de génocide, d’affirmation de leur dignité et de prévention de ce crime ;
f) 9 décembre : Journée internationale de lutte contre la corruption ;
g) 9 décembre : Journée internationale des défenseurs des droits de l’homme ;
h) 10 décembre : Journée internationale des droits de l’homme ;
i) 12 décembre : Journée internationale de la couverture sanitaire universelle ;
j) 14 décembre : Journée internationale contre le colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations ;
k) 18 décembre : Journée internationale des migrants ;
l) 18 décembre : Journée internationale de la langue arabe ;
m) 20 décembre : Journée internationale de la solidarité humaine ;
n) 21 décembre : Journée mondiale de la médiation ;
o) 25 décembre : Commémoration de la naissance de Jésus-Christ de Nazareth, conventionnellement appelée « la Noël », célébrée tant par les croyants (catholiques, protestants…) que par des non-croyants. Cette date, par sa portée sociale, est également définie comme la fête de l’amour, de la justice, de la réconciliation et du partage.

Des violations massives de droits humains à l’échelle mondiale en 2025

Aujourd’hui, il est inconcevable de dire qu’on a joyeusement commémoré certaines de ces dates ou qu’on s’apprête à fêter ou à célébrer d’autres à venir. La situation globale de la planète ne permet pas de faire cette affirmation. En fait, il s’agit d’une réalité qui compromet l’effectivité des droits humains. On a pu observer des problèmes liés à la sécurité mondiale, au terrorisme, au désarmement, à l’antisémitisme, ou à des questions se rapportant à la migration, à la pauvreté et aux maladies. À cela s’ajoutent ceux relatifs à l’environnement, à la souveraineté ou à l’autodétermination des peuples, à la protection des minorités, ou plus globalement aux droits humains (particulièrement la dignité humaine, la liberté individuelle, la liberté d’expression, le droit de « toute personne à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation l’habillement, le logement… »

Des citoyens et citoyennes sont jeté·es arbitrairement et illégalement en prison ; d’autres sont condamné·es sans aucune forme de procès, ou exécuté·es à l’issue de procès bâclés, en violation des principes fondamentaux en matière des droits de l’homme, notamment de la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont nous venons de commémorer le 77ᵉ anniversaire dans un contexte de défis énormes et de multiples violations de droits humains à l’échelle mondiale.

À titre d’exemples :

  • En Tunisie : Ahmed Néjib (81 ans), figure historique de l’opposition tunisienne et icône des droits de l’homme (à l’instar de Me Gérard Gourgues d’Haïti ou du Dr Martin Luther King, du Pasteur Jesse Jackson des États-Unis) a été arrêté le 04 décembre 2025 et emprisonné, avec des avocats, journalistes et militants politiques, sur ordre du président Kaïs Saied. Cette figure historique de la lutte pour la liberté dans son pays a déclaré, avec douleur, lors de son arrestation brutale : « Je vais en prison à cet âge avancé avec la conscience tranquille et pure… ».
  • En Turquie, le maire d’Istanbul et candidat à la présidence, Ekrem Imamoglu, est détenu depuis mars 2025 sous des prétextes liés à des soupçons de corruption.
  • En Algérie, le journaliste français Christophe Gleize, arrêté pour «espionnage », a été condamné à sept (7) ans d’emprisonnement.
  • Au Nigéria, des hommes et des femmes lié·es au christianisme sont sévèrement persécuté·es, arrêté·es, battu·es ou tué·es par des individus opérant en toute impunité.
  • En Tanzanie, de nombreuses violations de droits humains caractérisées par des assassinats, des arrestations, des atteintes aux libertés fondamentales sont enregistrées, au cours des élections présidentielles et législatives déroulées en octobre dernier. Selon l’ONU, plus de 1 000 personnes, dont des manifestants hostiles au pouvoir de la présidente contestée, Madame Samia Suluhu Hassan, ont été victimes de ces violations.
  • En Iran, la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Nargès Mohammadi a été arrêtée le vendredi 12 décembre dernier, lors d’une cérémonie d’hommage en mémoire de Khosrow Alikordi (avocat et militant des droits humains), décédé récemment, dans des circonstances troublantes, alors que ce dernier avait défendu des personnes appréhendées au cours des manifestations contre les atrocités du régime iranien en 2022. Selon des sources concordantes, Nargès Mohammadi (53 ans), a été maintes fois, condamnée et emprisonnée dans son pays. Elle a été récompensée par le Comité du prix Nobel en 2023, pour son combat contre l’oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits de l’homme et de la liberté pour tous. De manière plus concrète, cette figure historique des droits humains, considérée comme une Icône, mène un combat contre le voile obligatoire pour les femmes et la peine de mort.

Toujours en Iran, on ne saurait omettre le cas de Jafar J. Panahi, grand cinéaste iranien (à l’image de Raoul Peck et d’Arnold Antonin d’Haïti) et lauréat du prix Palme d’or au festival de Cannes 2025 pour son film Un simple accident, qui vient d’être condamné à un an d’emprisonnement par contumace par le régime iranien ; ou celui de la figure historique de l’opposition cubaine, José Daniel Ferrer, arrêté et emprisonné le 11 juillet 2021, et forcé de s’exiler aux États-Unis après des décennies de lutte en faveur du changement démocratique dans son pays.

Élections et droits humains sous l’égide du CEP et de l’Organisation des Nations Unies

À l’heure actuelle, l’exercice des droits civils et politiques en Haïti est mis à rude épreuve et suscite de nombreux commentaires, à la suite de la publication d’un décret électoral annonçant la tenue des élections générales en août 2026, dans un contexte de profondes turbulences politiques, mais aussi et surtout, il faut le souligner en raison de l’exclusion totale, à ces élections, de personnalités frappées de sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU pour « accointances ou affiliations avec les gangs armés et financement d’actes de violence ».

De nombreux observateurs s’interrogent : en vertu de quel principe ou de quel texte juridique un Conseil électoral provisoire (CEP) ou encore l’Exécutif de facto pourrait-il s’arroger le droit d’écarter des citoyens, que ce soit comme candidats ou comme électeurs, d’un processus électoral dit démocratique, inclusif et qui relève de la souveraineté nationale ? Une sanction imposée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies équivaut-elle à une sanction judiciaire dûment prononcée par un tribunal national ou international au point d’être juridiquement contraignante au regard du droit pénal international et du droit international des droits de l’homme ? Qu’advient-il des garanties judiciaires, notamment les voies de recours, protégées par la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Convention américaine relative aux droits de l’homme ?

Il convient de rappeler que l’article 10 de la DUDH énonce que « Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle ». Dans cette même lignée, l’article 11 (paragraphe 1) de ce même instrument juridique précise que : « Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ».

Et au regard de l’article 8 de la DUDH, les voies de recours constituent un droit fondamental de la personne humaine, applicable à toute personne accusée d’une infraction. Ce principe est également valable, faut-il le rappeler, pour les magistrats renvoyés arbitrairement par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Aussi, doit-on se demander : pourquoi la justice haïtienne est à la remorque du Conseil de sécurité des Nations Unies dans le cadre de ce dossier ?

Tout en réaffirmant notre attachement au principe d’universalité des droits de l’homme et aux instances internationales (la Commission interaméricaine des droits de l’homme, la Cour interaméricaine, et à un degré moindre, la Cour pénale internationale, en raison de sa politique de deux poids, deux mesures) fonctionnant au niveau des grands systèmes de protection des droits de l’homme, nous dénonçons le caractère arbitraire de certaines dispositions du décret électoral du 1er décembre 2025.

Le « phénomène Muscadin »

Dans l’intervalle, le Bureau des nations unies en Haïti (BINUH) a publié, en septembre dernier, un rapport accusant le Commissaire du gouvernement de la juridiction de Miragoâne, Jean Ernst Muscadin, d’exécutions extrajudiciaires, à la suite des allégations formulées par un individu se faisant passer pour défenseur des droits humains. Selon cette logique, le Commissaire Muscadin ne serait pas habilité à se porter candidat aux prochaines élections.

Comment peut-on comprendre un tel acharnement contre le Commissaire Muscadin? Plus loin, certains analystes se demandent : pourquoi le BINUH n’a pas réagi avec la même rigueur après la mort violente d’un bébé de deux mois, arraché des bras de sa mère par des bandits ?

En effet, le 17 février 2025, une jeune mère, Eliana Thélémaque, livrée à elle-même et impuissante, a assisté à la mort atroce de son nourrisson de deux mois, jeté au feu par des bandits de Kenscoff opérant en toute impunité. Dans un article publié le 18 février, l’agence Monoblog rapporte : « Ce fait n’est pas un film d’horreur ni une dystopie cauchemardesque. C’est une réalité… Une mère a vécu ce que même les mots refusent de raconter. Des bandits l’ont forcée à un choix inhumain : jeter son propre nourrisson de deux mois dans le feu ou mourir à ses côtés. Elle a supplié. Elle a crié. Elle a tenu son enfant contre elle, tentant de le protéger par un amour qui aurait dû être invincible. Mais les armes ne laissent aucune place à l’amour. Ils ont arraché le bébé de ses bras et l’ont jeté eux-mêmes dans les flammes. Elle a hurlé, s’est effondrée… puis elle est morte. »

Le BINUH n’a pas réagi et est resté indifférent face à ce crime abominable, comme c’était le cas en décembre 2023, après la mort violente de Micheline Dor (22 ans), enlevée le 29 novembre 2023 et tuée de deux balles dans son vagin pour avoir refusé d’être violée par le chef du gang « Gran grif », Luckson Elan dans l’Artibonite. Le représentant du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Haïti, Arnaud Royer (fidèle dans son attitude raciste à l’égard des Haïtiens) n’a pipé mot. Aucune réaction sérieuse non plus du côté des « fonctionnaires politiques », « tous secteurs confondus mais issus de la même matrice » qui dirigent le pays depuis l’assassinat du Président Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

À bien analyser, cet acte cruel, qui pourrait être qualifié de crime contre l’humanité, devrait susciter la réprobation générale, l’indignation collective, la colère nationale et conduire à une mobilisation profonde contre le statu quo imposé depuis des décennies.
Le tableau sombre de la réalité sociopolitique en Haïti

En Haïti, la situation globale, sur les plans politique, économique, social et culturel, est catastrophique, inacceptable et révoltante, avec une détérioration systématique en matière des droits humains, alimentée par des fonctionnaires politiques, des groupes armés, et d’autres individus influents au sein de la société.

Tous les principes fondamentaux en matière de droits humains sont aujourd’hui au rouge:
▪ Droit à la sécurité,
▪ Respect du droit à la vie,
▪ Présomption d’innocence,
▪ Protection de l’enfance,
▪ Respect des garanties judiciaires,
▪ Protection de la propriété privée,
▪ Jouissance des droits économiques, sociaux et culturels,
▪ Exercice des droits civils et politiques.

Une politique des droits de l’homme à géométrie variable prônée par l’ONU avec un sentiment de mépris

Tout en reconnaissant le rôle déterminant des Nations unies dans la reconnaissance officielle des droits de l’homme en 1945, il convient d’affirmer que la politique onusienne, telle qu’elle est appliquée en Haïti, constitue une violation flagrante des droits du peuple haïtien.

Le choléra en Haïti : En octobre 2010 un contingent de casque bleu de l’ONU a introduit le Cholera en Haïti. Des preuves irréfutables avancées par des scientifiques, notamment le docteur Renaud Piarroux ont indiqué qu’une base de maintien de la paix népalaise a contaminé un affluent de la rivière de l’Artibonite avec ses eaux usées et de matières fécales. Ce désastre a eu comme conséquences plus de 10 000 décès et 800 personnes infectées. Plus de 15 ans après, les demandes d’indemnisation des victimes n’ont pas vraiment avancé en dépit de protestations de certaines associations de parents de victimes.

« En provoquant l’épidémie puis en refusant de fournir de réparations aux personnes affectées, l’ONU a violé ses engagements envers le gouvernement d’Haïti, ainsi que ses obligations au regard du droit international et des principes humanitaire », selon un rapport d’une université américaine publié en 2013. Ces dérives, doit-on le noter, sont enregistrées et se répètent depuis plus d’une décennie. Pourtant, des centaines de millions de dollars sont débloquées au nom d’Haïti, à travers l’ONU, de manière inefficace, selon le diplomate et ancien représentant du Secrétaire général de l’OEA en Haïti, Ricardo Seitenfus, dans son ouvrage : L’échec de l’aide internationale à Haïti, publié en juin 2015, à C3 Éditions. Malheureusement, cette situation persiste.

Le regroupement des gangs armés : l’Organisation des nations unies, à bien analyser, a fourni un appui tacite aux gangs armés quand on se rappelle que l’ancienne cheffe du BINUH s’est réjouie du regroupement de ces gangs en une fédération appelée « VIV ANSANM ».

La passivité ou l’indifférence de l’ONU dans le traitement du dossier de l’assassinat du Président Jovenel Moïse

L’assassinat du président Jovenel Moïse reste l’un des crimes les plus révoltants enregistrés durant les dix (10) dernières années, à côté bien sûr, de nombreux cas d’assassinats spectaculaires qui ont semé le deuil dans les familles haïtiennes.

En effet, dans la nuit du 06 au 07 juillet 2021, des mercenaires colombiens recrutés par des oligarques et des politiciens ont pénétré en la résidence du chef de l’État et l’ont exécuté avant de lui infliger un traitement cruel, dégradant et inhumain. «Œil gauche crevé, balle au front, côtes cassées, bras cassés, pieds cassés, plaie béante de près de 15 centimètres sur l’avant-bras », selon des informations disponibles.

Suite à cet assassinat et dans le cadre d’un plaidoyer pour réclamer justice en faveur du Président, de nombreuses demandes ont été adressées aux instances onusiennes aux fins de solliciter la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur ce crime à l’instar des commissions créées par le Conseil de sécurité de l’ ONU après l’assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri (2005) et celui de Benazir Bhutto au Pakistan en 2007. Aucune réponse n’est jamais donnée en dépit des appels réitérés par l’épouse du défunt, Madame Martine Moïse et d’autres personnalités issues de différents secteurs de la société.

Il convient de noter, qu’en raison du caractère transnational de ce crime, le Congrès américain, en date du 13 janvier 2023, a ordonné au Département d’État l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse. De fait, la justice américaine s’est saisie du dossier et actuellement, plusieurs individus impliqués et reconnus coupables sont déjà condamnés par des tribunaux fédéraux américains. D’autres sont en attente de jugement. Mais la justice haïtienne, appuyée par l’ONU, offre une mise en scène indigne et révoltante dans le cadre du traitement de ce dossier.

Les droits de l’homme : une notion galvaudée en Haïti

Si les droits de l’homme signifient, par essence, le respect de la dignité humaine, la valeur humaine, la protection des garanties judiciaires, le bien-être individuel et collectif, une autre signification est pourtant donnée à cette notion suivant le contexte géopolitique en Haïti, et en fonction des intérêts mesquins de ceux qui parlent haut et fort dudit respect, mais poursuivent des objectifs inavoués et inavouables. Dommage ! L’heure est grave.

Au terme de l’année 2025, et en prélude à l’année 2026, nous devons, malgré tout, rester positifs, car nous sommes un pays qui a fait historiquement de grands exploits. La participation de l’équipe haïtienne au mondial de 2026 en est une preuve incontestable. Le compas, musique populaire et fierté d’Haïti, devenu un patrimoine culturel immatériel de l’humanité, par l’UNESCO, le 10 décembre dernier, en est une autre. Nous devons donc nous associer pour mener un combat contre la tyrannie, l’oppression, la violence téléguidée. Ces maux rongent la société haïtienne et, dans une très large mesure, des haïtiens eux-mêmes en sont les auteurs ou les acteurs, avec la complicité de certains étrangers. Nous devons aussi rejeter la traîtrise, la peur, l’ignorance, comme l’a souligné le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant du Burkina Faso (pays de Thomas Sankara).

Ainsi, nous pourrons parvenir à une paix durable en Haïti, une paix axée sur le développement économique et social et sur la stabilité politique, dans l’intérêt de tous les fils et filles d’Haïti, sans oublier les étrangers vivant sur le sol national, car en définitive, « nous pouvons choisir d’alléger la souffrance. Nous pouvons choisir de travailler ensemble pour la paix. Nous pouvons faire ce changement et nous le devons », comme le Président Jimmy Carter, ami d’Haïti et figure historique des droits humains, le disait souvent.

Meilleurs vœux de Noël ! Et bon combat pour l’année 2026 !

Lundi 15 décembre 2025.

Renan HÉDOUVILLE

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